Interview

Editrice indépendante

Retour

Société: Editions Ma Petite Crokette

Quel a été votre parcours ?

J'ai commencé par un lycée d'arts appliqués, à l'ESAAT de Roubaix. Puis, je me suis orientée vers une formation de Graphisme à Saint Luc en Belgique et, enfin, j'ai terminé par une licence d'arts. Durant mes études, j'ai fait des stages en studio photo et dans le domaine artistique en général. J'ai eu la chance de décrocher des contrats et d'avoir quelques propositions intéressantes. Ensuite, tout a été comme naturel. J'ai créé Crokette, une association d'édition, à la fois jeunesse et tout public.

Concrètement, comment travaillez-vous chez Crokette ?

Jusque-là, c'était surtout de l'autoédition, mais maintenant, ça commence à s'ouvrir. Je collabore avec d'autres auteurs, pour qui je m'occupe du graphisme. Pour l'association, je suis toute seule, mais je travaille avec d'autres structures.
Je monte des expositions et, surtout, je m'occupe de l'ensemble de la chaîne éditoriale. J'avais un peu appréhendé cela durant mes études, mais j'ai beaucoup appris sur le tas, notamment pour l'imprimerie. En ce qui concerne la diffusion, c'est pareil, je ne connaissais pas du tout, j'ai tout découvert sur le terrain.
Le budget est assez limité, j'édite un livre par an. Avec les contraintes financières, on ne peut pas forcément faire ce qu'on veut, mais c'est aussi le jeu. Sinon, j'ai un diffuseur pour les bibliothèques et médiathèques, en région et à Paris. Parfois, ce sont les librairies elles-mêmes qui m'appellent. C'est un milieu qui fonctionne beaucoup par réseau.

Avez-vous toujours souhaité travailler dans ce domaine ?

J'ai toujours baigné dans le milieu artistique. Mon choix s'est précisé au fil de mes études. Les gens de ma section partaient tous faire du graphisme ou de l'illustration dans des maisons d'édition. Moi, je voulais vraiment garder le côté artistique et indépendant.

Quels sont les avantages et inconvénients de ce type d'activité ?

Comme je suis seule, j'ai une très grande liberté de choix. C'est notamment pour cela que j'ai pu développer une ligne éditoriale écologique. J'utilise des matériaux végétaux, respectueux de l'environnement. Pour moi, c'était une condition sine qua non. Je suis également très libre du point de vue de la création, du message que je veux diffuser.
A côté de cela, ça implique que tout va plus lentement… et c'est beaucoup plus de travail.Quoiqu'il en soit, il faut être touche-à-tout et savoir s'adapter. Quand on se lance comme ça, il ne faut pas compter ses heures et, surtout, être d'un caractère fonceur, parce que la prise de risques est assez importante.

Pour finir, que diriez-vous à quelqu'un qui voudrait suivre le même chemin ?

Je conseillerais de bien se renseigner, de voir ce qui existe. C'est important d'aller sur le terrain, à la rencontre des gens, pour voir si l'idée est bonne et, surtout, si elle est viable.
M.I.26.05.08
Retour