Interview

Chargée de développement slam

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Marlène Lahalle (25 ans)

Société: Association La Générale d'Imaginaire

Pouvez-vous, dans les grandes lignes, nous décrire votre parcours ?

J'ai un bac littéraire, une licence de lettres et une licence de médiation culturelle. Je suis partie pendant un an en Angleterre, comme jeune fille au pair, et, pour ce qu'on pourrait appeler mon stage de fin d'études, je suis partie trois mois en Inde, à Delhi, où j'étais coordinatrice culturelle dans une Alliance française.A mon retour en France, j'envisageais de reprendre un Master, mais je ne l'ai pas fait parce que la fac ne correspondait plus à mes attentes, c'est-à-dire apprendre sur le terrain. J'ai donc commencé à chercher du travail en me disant que mon parcours plairait peut-être. C'est comme ça que j'ai trouvé mon poste de volontaire.

Quelles sont vos activités au sein de l'association ?

Je m'occupe principalement du développement. En fait, La Générale d'Imaginaire essaie de sensibiliser les gens au slam et à la littérature, notamment par des ateliers et des performances. Mon rôle est de développer tout ce qui touche au slam en milieu rural, pour diffuser l'action sur l'ensemble de la région, pas seulement sur la métropole lilloise. Pour cela, je dois trouver de nouveaux intervenants et être en contact avec les collectivités pour mettre en place les actions. Je réfléchis également à la création d'un projet européen qui vise à la prise d'initiatives citoyennes des jeunes. Parallèlement à cela, j'ai d'autres missions, comme participer au développement de la maison d'édition et intervenir dans la gestion du pôle événementiel.

Qu'est-ce qui, selon vous, fait la force du milieu associatif ?

Je trouve ça beaucoup plus convivial… mais, peut-être que j'ai une vision biaisée du monde de l'entreprise. En tout cas, une association, c'est une fourmilière d'activités, les gens prennent beaucoup plus d'initiatives. Ce qui me plaît, c'est que l'individu se met au service de la collectivité. Mais bien sûr, c'est un milieu qui reste assez précaire vu que les aides ont tendance à diminuer et que les contrats disparaissent.

Justement, on parle beaucoup du service civil volontaire et de sa possible suppression, pouvez-vous nous dire un mot à ce sujet ?

Je ne pense pas qu'il soit forcément amené à disparaître, mais plutôt qu'il y aura des modifications. Paradoxalement, alors que c'est un type de contrat qui devient populaire, il reste mal connu des organismes publics comme la CAF ou la sécu, il faut toujours justifier de son statut. Là, il y a un vrai travail à faire. Et puis, il y aura toujours des inégalités. Au niveau de l'indemnité, ce n'est pas beaucoup, mais ce n'est pas rien non plus. Il n'empêche qu'être volontaire à Paris, si on a un loyer à payer, c'est quasiment impossible. A côté de ça, ça reste un très bon moyen d'acquérir de l'expérience. Je pense que ça se révélera vraiment bénéfique si on a fait un bilan de compétence avant, pour savoir ce qui nous manque et ce qu'on va chercher à acquérir grâce au volontariat. Le danger avec le volontariat associatif c'est qu'il ne faut pas que ça se développe au détriment du salariat.

Auriez-vous des conseils à donner à ceux qui envisagent de travailler dans une association ?

Être curieux, avoir envie d'apprendre tout le temps. Il ne faut surtout pas avoir peur du contact, parce qu'on rencontre beaucoup de monde. Je pense aussi qu'il faut être conscient de l'esprit contestataire qui règne dans beaucoup d'associations. Si elles ont été créées, c'est pour contrecarrer l'Etat d'une certaine manière. Je dirais aussi qu'il faut commencer petit, entrer dans le monde associatif par le biais du bénévolat, pour avoir un pied dans une ou plusieurs associations. Enfin, en ce qui concerne le volontariat associatif plus précisément, on ne peut le faire qu'une seule fois dans sa vie. C'est donc important de bien le choisir, d'être sûr de l'association qui va nous accueillir, pour pouvoir en retirer un maximum de bénéfices.
M.I.10.03.2008
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